Le Je du moi...

Intermèdes

Intermède numéro 1

le 27/10/2006 à 00h58

Avez-vous déjà regardé une aiguille qui tourne ? Vous êtes vous déjà demandé s'il suffisait d'y croire pour que tout change ?


Nuit / Brouillard / Une silhouette / C'est moi / Je suis très cinogénique parfois / Je ne vis pas / Je théâtralise / Je cinématographie / Je chante et je change les couleurs / Il est beau ce plan / SI on sortait faire un tour ? / SI on riait ? / SI on grandissait un peu pour changer ? / Ah NON / Assez / Ah NON / C'est fini tout ça / Fini / On est grand non ? / Les aiguilles tournent / Tout change / Trop vite...


 


*


 


Pourquoi toujours les mêmes sujets ? Pourquoi toujours les même mots ? Vous êtes vous déjà demandé si on pouvait y faire quelque chose ? Quand on voit comment tout tourne... On est dubitatif ! Certes il reste l'encre, qui crache ces kilomètres de pétrole tel un petit serpent zigzague. On change la forme. On se dit, tiens, qu'il est joli ce mot placé juste à cet endroit, ici. On se dit qu'on est mortel et qu'on veut rester. Mais au final ? Au final ?


 


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Si vous rencontrez une fille et que je l'aime. Alors appellez moi, pour me dire que je suis déjà au courant...


 


 *


 


L'éléctricité passe. Tout se déchaîne dans une immensité de brouillard. Ce bruit si symptomatique ; les pas sur le trottoir ; les pas sur le béton ; et ces fils qui grésillent à n'en plus finir ; ces fils qui nous disent que l'on est passé à l'âge moderne. Ce serait presque beau si on voulait y croire...


 


*


 


Moi n° 1  :  C'est vrai que je parle pour ne rien dire ?


Moi n°2  :  Que veux-tu faire d'autre ?


Moi n°1  :  Je ne sais pas moi, si on rêvait ?


Moi n°2  :  Tu arriverais presque à me convaincre que tu es sincère...


Moi n°1  :  Je le suis. Je veux apprendre à parler au ciel et à bouffer des nuages à grandes doses...


Moi n°2  :  Que c'est mignon cette petite licence poétique gratuite !


Moi n°3  :  Ca va nous faire sauter notre cervelle ces histoires...


Moi n°1  :  Vous allez me laissez m'exprimer ?


Moi n°3  :  Tu sais, tu te répètes... Et ça manque d'évolution apprends déjà à être toi pour commencer !


Moi n°2  :  C'est vrai que nous ne sommes pas clairement définis, nous sommes dans ta tête, des espèces de mots en points de suspension. Tu as remarqué que tu as tendance à en foutre partout... Encore une fois ? Alors même que je critique, je te laisse faire... Pas le choix...


Moi n°1  :  Pourquoi vous remettez tout en question ? Pourquoi vous ne me laissez pas croire à mes faux idéaux sans me faire douter de moi ?


Moi n°2  :  Tais toi donc hypocrite. Tu en profites encore pour te mettre en valeur alors que je parle. C'est pas fini oui ? Silence !!! Silence !!! Arrêtes donc d'écrire, il suffira de marquer le mot fin, puis d'enlever tes mains du stylo pour que ça finisse... Allez, arrêtes donc d'écrire !!!


 


FIN

Intermède numéro 2

le 05/04/2007 à 18h08

 

Le tout c'est d'aller jusqu'au bout de ce qui reste accroché à nos petits moments intimes, ce vide grossissant qui remplit tout l'espace, qui s'impose à chaque instant de la foule.

 

Le tout c'est de rêver d'une vie parfaitement chronometré, une réalité oppressante où le temps d'un soupir s'écrase sans cesse contre le mur des certitudes finies, à chaque instant on ramperait.

 

Le tout c'est d'aller plus loin que l'inverse du rien, de creuser en profondeur les crémations à la chaine, les indigos éléctriques, et les visions fugitives d'un ailleurs, à chaque endroit un espace ouvert sur les sensations nouvelles.

 

Le tout c'est de pousser du haut des vides, des cris, déviation intemporelle qui reste là, sangsue de l'esprit, sens linéaire des vieux contes d'antan, à chaque mot, son souffle douleur.

 

Le tout sait bien que nos peaux collées par la peur ne valent rien et que c'est bien là ce qui fait de la sueur une boisson si exquise, et que c'est bien là ce qui fait que nos impulsions maladives justifient toutes les poussières des géants qui règnent.


*

Le tout est un rêve/

Un tas de tortures titubante/

Un vide vibrant/

Les brises de nos vies saillantes/

Un râle/

La fillette saute de cercles en cercles/

Une nudité obsolète/

Un dieu de l'absolu/

Madame commande les sphères crayonnées/

Un mirage de visages mystiques/

Une allée bordée de vieux plataniers/

La vieille se tait, recrocquevillée sur la terre/

Une illusion chimérique/

Une sève asphyxiante/

Le tout est un rêve.

 

*

- Je pensais que tu en avais trop dans les yeux, trop dans la tête, trop peu de silences à partager ; alors j'ai changé le sens de la terre et nous avons tout perdu en chemin, tout... Moi qui croyais bien faire : tu te plaignais sans cesse de ces accumulations euphoriques, mais à dire vrai tu t'en contentais bien, tu aimais même te baigner dans la nuit noire des lumières humaines... Moi j'ai claqué la langue et les mots se sont enfuis, tout est parti, tout... Je voulais juste t'aider, juste te tirer de ces tendres sentiments qui t'animaient les entrailles. Je voulais juste... Alors, j'ai éternué, et la terre a changé de temps.

 

- Tu penses trop mon enfant. Arrêtes de respirer / arrêtes de respirer / arrêtes de respirer. Tu penses trop, on n'arrivera à rien avec toi ! Tu finiras à la déchetterie mon pauvre enfant...

 

- Alors je réclame le droit à l'oubli ! Amnéstie des structures internes, je veux moi aussi me noyer dans cette lumière, et je veux y croire, et je veux y retourner dans la chaleur étouffante qui se fait protectrice par défaut.

 

*

        Lorsque le coup est parti, elle n'a pas pu retenir un gémissement. Elle s'était tant habitué à le voir comme un héros, un homme grand et fort, qu'elle ne pouvait imaginer le perdre ainsi. Elle ne pouvait pas se résoudre à admettre la réalité. Elle ne pouvait pas comprendre que ce bout de métal fiché dans sa poitrine, que ces jets de sang chaud qui s'étalaient en une mare noirâtre, ne formait désormais qu'un simple contraste avec la froideur de sa peau et le blanc de ses yeux. Il ne voyait plus.

 

        Elle ne pouvait pas se résoudre à admettre qu'il était mort. Elle ne pouvait pas se résoudre à admettre qu'elle l'avait tué.

 

(à suivre)

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